Guide Factur-X
Facture électronique obligatoire 2026 — Ce que vous devez savoir
Mis à jour le
La réforme de la facturation électronique est en vigueur depuis le 1er septembre 2026. Depuis cette date, toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, et les grandes entreprises et les ETI doivent en émettre. Les PME, TPE et micro-entreprises émettent à leur tour à partir du 1er septembre 2027. Ce guide résume qui est concerné, à quelle date, dans quels formats et ce que prévoient les textes en cas de retard.
Deux dates
- 1er septembre 2026 : toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, quelles que soient leur taille et leur forme juridique, doivent pouvoir recevoir des factures électroniques par l'intermédiaire d'une plateforme agréée. Les grandes entreprises, les ETI et les membres d'un assujetti unique émettent leurs factures sous forme électronique et transmettent leurs données de transaction et de paiement (e-reporting).
- 1er septembre 2027 : les PME, les TPE et les micro-entreprises émettent à leur tour leurs factures électroniques et font l'e-reporting.
Il n'y a pas d'autre date. Le guide pratique de démarrage de la DGFiP rappelle que le calendrier légal est maintenu.
Les textes
Le calendrier vient de l'article 26 de la loi de finances rectificative pour 2022, modifié par l'article 91 de la loi de finances pour 2024, et du décret n° 2022-1299, modifié par le décret n° 2024-266. La loi de finances pour 2026 (article 123) a modifié les articles 289 bis, 290, 290 A et 1737 du CGI, notamment. L'arrêté du 27 juillet 2026 fixe la liste des formats de facture que les plateformes agréées doivent traiter.
La taille de votre entreprise
La taille s'apprécie pour chaque entité légale (SIREN) au 1er janvier 2025, d'après la déclaration de résultats du dernier exercice clos avant cette date, ou à défaut celle du premier exercice clos à compter de cette date, selon les critères repris dans les spécifications externes de la DGFiP (§ 2.3.5) :
- micro-entreprise : moins de 10 personnes et un chiffre d'affaires ou un total de bilan de 2 millions d'euros au plus ;
- PME : moins de 250 personnes et un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros au plus ou un total de bilan de 43 millions d'euros au plus ;
- ETI : entreprise qui n'est pas une PME, de moins de 5 000 personnes, avec un chiffre d'affaires de 1 500 millions d'euros au plus ou un total de bilan de 2 000 millions d'euros au plus ;
- grande entreprise : les autres.
Quelles opérations ?
La facturation électronique vise les opérations réalisées entre assujettis à la TVA établis en France, situées en France et soumises aux règles de facturation françaises (FAQ de la DGFiP, question 1.1). Les ventes à des particuliers et les opérations avec des clients ou des fournisseurs établis à l'étranger, dont les livraisons intracommunautaires et les exportations, ne donnent pas lieu à une facture électronique obligatoire : leurs données sont transmises à l'administration par l'e-reporting, selon le même calendrier. L'e-reporting couvre aussi les données de paiement des opérations dont la TVA est exigible à l'encaissement, par exemple les prestations de services sans option pour les débits et les acomptes (FAQ, question 10.1).
Avant votre date, vous gardez le choix du format
Tant qu'une entreprise n'est pas soumise à l'obligation d'émission, elle peut transmettre tout ou partie de ses factures dans le format qu'elle souhaite (FAQ, question 5.2). Un client ne peut pas lui imposer l'émission électronique au titre de la réforme, ni refuser de traiter ou de payer une facture au seul motif qu'elle n'est pas électronique (guide pratique, question 20). Une entreprise qui émet volontairement des factures électroniques avant sa date le fait par une plateforme agréée (guide pratique, question 18).
Un PDF envoyé par e-mail n'est pas une facture électronique
La FAQ de la DGFiP rappelle qu'un PDF simple envoyé par voie électronique n'est pas une facture électronique au sens du dispositif (question 3.1), et la fiche de la DGFiP sur les plateformes agréées précise qu'une facture électronique s'échange par l'intermédiaire d'une plateforme agréée. Un Factur-X envoyé directement par e-mail reste une facture valable s'il porte les mentions obligatoires et si votre client accepte de la recevoir sous cette forme (CGI, art. 289 VI), mais il ne remplit pas l'obligation d'émission électronique. Factur-X n'est pas obligatoire en soi : c'est l'un des formats admis, avec UBL et CII.
Les formats admis
L'arrêté du 27 juillet 2026 liste les formats que les plateformes agréées doivent traiter : CII ou UBL au profil EN16931 ou EXTENDED-CTC-FR, et le format mixte, c'est-à-dire un XML CII au profil EN16931 ou EXTENDED-CTC-FR (au travers du profil EXTENDED) joint à un PDF/A-3 lisible, qui correspond à Factur-X.
Plateformes agréées et PPF
Les factures s'échangent entre plateformes agréées (anciennement PDP), immatriculées par la DGFiP ; 150 plateformes avaient une immatriculation définitive en octobre 2026 selon la réponse du Gouvernement à la question écrite n° 17977. Depuis octobre 2024, le PPF ne garde que l'annuaire et le concentrateur de données : il n'existe plus de portail public gratuit pour émettre ou recevoir des factures. Chaque entreprise signe un accord formel avec la ou les plateformes qu'elle désigne pour recevoir ses factures dans l'annuaire (FAQ, question 2.1).
Le démarrage et les sanctions
Pendant la phase de démarrage, la DGFiP n'appliquera pas les sanctions aux entreprises qui rencontrent des difficultés mais sont engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité ; ce n'est ni un report ni une suspension de l'obligation (guide pratique de démarrage). Une facture reçue par e-mail, en PDF ou sur papier ne doit pas être écartée pour cette seule raison : elle se traite, se paie et ouvre droit à déduction selon les règles habituelles (guide pratique, question 3). Les textes prévoient :
- 15 € par mention manquante ou inexacte sur une facture, dans la limite de 25 % du montant de la facture (CGI, art. 1737 II) ;
- 50 € par facture qui n'a pas été émise sous forme électronique via une plateforme agréée alors qu'elle devait l'être, dans la limite de 15 000 € par an (CGI, art. 1737 III) ;
- pour la réception, une mise en demeure de se conformer dans un délai de trois mois avant toute amende, puis 500 €, et 1 000 € par nouvelle période de trois mois sans mise en conformité (CGI, art. 1737 IV bis) ;
- pour l'e-reporting, le régime de l'article 1788 D du CGI.
Ce que fait Facturx-Prêt
Facturx-Prêt génère des fichiers Factur-X au profil EN 16931 (PDF/A-3 avec XML CII), à remettre à votre plateforme agréée si elle accepte ce format, à déposer sur Chorus Pro ou à envoyer à un client hors du champ de la facturation électronique. Facturx-Prêt n'est pas une plateforme agréée et ne transmet pas vos factures.
Outils utiles
Questions fréquentes
Quand dois-je commencer à émettre des factures électroniques ?
Grandes entreprises, ETI et membres d'un assujetti unique : depuis le 1er septembre 2026. PME, TPE et micro-entreprises : à partir du 1er septembre 2027. Toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France doivent pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026.
Factur-X est-il obligatoire ?
Non. Factur-X est l'un des formats admis par l'arrêté du 27 juillet 2026, avec UBL et CII, au profil EN16931 ou EXTENDED-CTC-FR. Une fois votre entreprise soumise à l'obligation d'émission, le format ne suffit pas : la facture adressée à un client professionnel établi en France passe par une plateforme agréée. Un Factur-X envoyé par e-mail n'est pas une facture électronique au sens de la réforme.
Qu'est-ce qu'une plateforme agréée (ex-PDP) ?
Une plateforme agréée (anciennement PDP) est un opérateur immatriculé par la DGFiP qui émet, transmet et reçoit les factures électroniques, extrait les données utiles à l'administration et construit l'e-reporting de ses clients. Le PPF ne garde que l'annuaire et le concentrateur de données. La liste officielle des plateformes agréées est publiée sur impots.gouv.fr.
Que se passe-t-il si je n'émets pas de facture électronique à ma date ?
L'article 1737 du CGI prévoit 50 € par facture qui n'a pas été émise sous forme électronique via une plateforme agréée alors qu'elle devait l'être, dans la limite de 15 000 € par an (1737 III), et 15 € par mention manquante ou inexacte, dans la limite de 25 % du montant de la facture (1737 II). Au démarrage, la DGFiP indique que les sanctions ne seront pas appliquées de manière automatique lorsque les difficultés sont réelles, documentées et suivies d'actions de correction. Un client ne doit pas pour autant refuser de traiter ou de payer une facture reçue par e-mail ou en PDF pour cette seule raison.
L'e-reporting, c'est quoi ?
C'est la transmission à l'administration, par votre plateforme agréée, des données des opérations qui ne donnent pas lieu à une facture électronique obligatoire : ventes à des particuliers et opérations avec des clients ou fournisseurs établis à l'étranger, dont les livraisons intracommunautaires et les exportations, ainsi que les données de paiement des opérations dont la TVA est exigible à l'encaissement. Son calendrier est celui de la facturation électronique. La facture elle-même peut toujours être envoyée au client par le canal de votre choix (FAQ de la DGFiP, question 9.1).
Une PME peut-elle émettre des factures électroniques dès 2026 ?
Oui. Elle peut entrer volontairement dans le dispositif avant le 1er septembre 2027, par une plateforme agréée (guide pratique de démarrage, questions 17 et 18). Si l'émission volontaire échoue, elle peut revenir temporairement à ses modalités habituelles (question 19). Tant qu'elle n'est pas soumise à l'obligation, elle reste libre du format de ses factures (FAQ, question 5.2).
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Téléverser une factureSources
- DGFiP, foire aux questions « Je découvre la facturation électronique » (version du 01/09/2026)
- DGFiP, guide pratique de démarrage de la facturation électronique (juillet 2026)
- DGFiP, spécifications externes de la facturation électronique v3.2 (dossier général, dossier Chorus Pro et annexes, dont l'annexe 7)
- Légifrance, décret n° 2022-1299 relatif à la généralisation de la facturation électronique
- JORF, arrêté du 27 juillet 2026 relatif à la généralisation de la facturation électronique (liste des formats)
- Légifrance, CGI, article 1737 (amendes)
- DGFiP, fiche « Facturation électronique : les plateformes agréées » (septembre 2025)
- Assemblée nationale, question écrite n° 17977 et réponse du Gouvernement (octobre 2026)
Ce guide résume les textes cités ; il ne remplace ni ces textes ni un conseil juridique ou comptable.